
Dysbiose intestinale chez le chien – Effets sur la santé du chien
Votre chien souffre de troubles digestifs, de démangeaisons cutanées, de raideurs ou d’une anxiété inexpliquée ? La cause peut être une dysbiose intestinale, un déséquilibre dans les billions de bactéries qui vivent dans les intestins de votre chien. Cette affection est plus fréquente que ne le pensent de nombreux propriétaires, et ses effets peuvent se faire sentir bien au-delà de l’intestin. Dans ce guide, nous expliquons les causes de la dysbiose, comment reconnaître les signes avant-coureurs, comment un microbiome déséquilibré influence les organes du corps entier et les mesures fondées sur des preuves que vous pouvez prendre pour rétablir la santé intestinale et le bien-être général de votre chien.
En bref
La dysbiose intestinale est un déséquilibre des bactéries intestinales de votre chien dont les effets vont bien au-delà de la digestion et touchent le système immunitaire, la peau, le cerveau, les articulations, le cœur et le métabolisme, ce qui explique pourquoi la plupart des propriétaires ne font jamais remonter les symptômes à l’intestin.
Faits marquants
- La dysbiose signifie que les bactéries nocives se multiplient ou que les bactéries bénéfiques diminuent, perturbant ainsi l’eubiose qui soutient la digestion, l’immunité et la barrière intestinale.
- Les causes les plus fréquentes sont une mauvaise alimentation, les antibiotiques et certains médicaments, le stress chronique, le vieillissement et les affections inflammatoires sous-jacentes.
- Les signes couvrent les troubles digestifs, les démangeaisons cutanées, les changements de poids et les changements de comportement, reflétant l’influence de l’intestin sur l’ensemble des systèmes de l’organisme.
- Environ 70 % du système immunitaire se trouve dans l’intestin. Une dysbiose peut donc affaiblir l’immunité et augmenter le risque d’infection et d’allergie.
- Un déséquilibre persistant peut endommager la barrière intestinale, laissant des fragments bactériens tels que le LPS pénétrer dans la circulation et provoquer une inflammation systémique qui atteint les articulations, le cœur et la peau.
- L’état de la plupart des chiens s’améliore en 4 à 8 semaines lorsque l’alimentation, la diversité des prébiotiques, un probiotique ayant fait l’objet de recherches cliniques et le stress sont traités ensemble.
Vue d’ensemble
La dysbiose s’annonce rarement comme un problème intestinal. Les poussées cutanées, les comportements anxieux, les raideurs articulaires et les infections récurrentes sont souvent la face visible d’un déséquilibre microbien invisible, et c’est dans l’intestin que commence la résolution durable du problème.
Principaux enseignements
- La dysbiose intestinale est un déséquilibre des bactéries intestinales de votre chien qui peut contribuer à des problèmes articulaires et digestifs, des problèmes de peau, une faiblesse immunitaire et des changements de comportement.
- Les causes les plus fréquentes sont une mauvaise alimentation, les antibiotiques, le stress chronique, le vieillissement et les problèmes de santé sous-jacents.
- Ce déséquilibre peut déclencher une cascade d’effets, allant d’une mauvaise absorption des nutriments à une inflammation systémique, qui peuvent être ressentis dans tout l’organisme.
- La prise en charge consiste à modifier le régime alimentaire avec des fibres prébiotiques, des probiotiques ayant fait l’objet de recherches cliniques, à réduire le stress et à s’attaquer aux causes sous-jacentes.
- La plupart des chiens montrent une amélioration significative dans les 4 à 8 semaines avec un soutien approprié et cohérent.
Dans ce guide
- Qu’est-ce que la dysbiose intestinale chez le chien ?
- Causes de la dysbiose intestinale chez le chien
- Symptômes de dysbiose intestinale chez le chien
- Impacts de la dysbiose intestinale sur la santé
- Impacts systémiques et sur les organes de la dysbiose
- Reconnaître la dysbiose et savoir quand consulter votre vétérinaire
- Comment rétablir l’équilibre intestinal (eubiose) chez les chiens atteints de dysbiose ?
- Questions fréquemment posées
- Soutenir la santé intestinale par une nutrition ciblée
- Conclusion
- Articles connexes
- Références
- Informations éditoriales
Qu’est-ce que la dysbiose intestinale chez le chien ?
La dysbiose intestinale est un déséquilibre ou une perturbation de la composition et de la fonction du microbiome intestinal chez le chien. Elle survient lorsque les bactéries nocives se multiplient ou que les bactéries bénéfiques diminuent, créant ainsi un état malsain dans le système digestif. Ce déséquilibre microbien peut avoir des conséquences importantes sur la santé à long terme du chien, en affectant tout, de la digestion à l’immunité, en passant par la santé de la peau et le comportement, par le biais d’axes intestin-organe interconnectés. (1,2)
Lorsque les bactéries de l’intestin d’un chien sont saines et équilibrées, on parle d’eubiose. Dans cet état optimal, les bactéries bénéfiques dominent l’environnement intestinal, facilitant la digestion, produisant des nutriments essentiels, maintenant la barrière intestinale et régulant les réponses immunitaires.
La dysbiose perturbe cet équilibre. Le microbiome intestinal canin comprend des billions de micro-organismes, y compris des bactéries, des champignons, des virus et des protozoaires, qui existent dans un écosystème complexe et interdépendant. (1) Lorsque cet écosystème est perturbé, les conséquences peuvent s’étendre bien au-delà du tube digestif par le biais de voies interconnectées, notamment l’axe intestin-cerveau, l’axe intestin-immunité, l’axe intestin-peau, l’axe intestin-articulation, l’axe intestin-cœur, l’axe intestin-métabolisme et l’axe intestin-foie. (2,3)
Causes de la dysbiose intestinale chez le chien
Il est essentiel de comprendre ce qui déclenche la dysbiose, tant pour la prévention que pour la gestion. Les facteurs suivants sont le plus souvent impliqués.
Mauvaise alimentation
Une alimentation de mauvaise qualité, riche en ingrédients transformés, en additifs artificiels et en agents de remplissage peut perturber l’équilibre du microbiome. (4,5) Ces régimes manquent souvent de fibres prébiotiques qui nourrissent les bactéries bénéfiques, tout en fournissant des substrats qui favorisent les espèces potentiellement nuisibles. Les régimes riches en glucides simples et dépourvus de fibres végétales diverses créent un environnement dans lequel les bactéries opportunistes peuvent prospérer au détriment des populations bénéfiques. Un rapport déséquilibré entre les acides gras oméga peut également favoriser l’inflammation, ce qui perturbe encore davantage l’environnement intestinal. (6)
Antibiotiques et médicaments
Si les antibiotiques sont essentiels pour traiter les infections bactériennes, ils ne peuvent pas faire la distinction entre les bactéries nocives et les bactéries bénéfiques. Un seul traitement peut réduire de manière significative la diversité microbienne, et la recherche indique que la guérison complète peut prendre des semaines, voire des mois. (7,8) D’autres médicaments, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les inhibiteurs de la pompe à protons et les corticostéroïdes, peuvent également modifier l’environnement intestinal et contribuer à la dysbiose. (9)
Stress chronique
L’axe intestin-cerveau crée une communication bidirectionnelle entre le microbiome intestinal et le système nerveux central. Le stress chronique déclenche la libération de cortisol et d’autres hormones de stress qui altèrent la motilité intestinale, réduisent le flux sanguin vers l’intestin et modifient l’environnement chimique de manière à favoriser les bactéries dysbiotiques. (10,11) Les chiens qui souffrent d’une anxiété permanente, d’un bouleversement de leur environnement ou d’une perturbation de leur routine sont particulièrement vulnérables.
Âge et problèmes de santé sous-jacents
Le vieillissement modifie naturellement la composition du microbiome, les chiens âgés présentant généralement une diversité microbienne réduite. (12) Certaines maladies, notamment les maladies inflammatoires de l’intestin (MII), les allergies alimentaires et les troubles auto-immuns, impliquent une inflammation chronique qui résulte d’une dysbiose et la perpétue, créant ainsi un cycle qui s’auto-renforce. (1,13)
Symptômes de dysbiose intestinale chez le chien
La dysbiose peut se manifester par un large éventail de symptômes, reflétant l’influence de l’intestin sur de nombreux systèmes de l’organisme.
Problèmes digestifs
Les chiens atteints de dysbiose intestinale souffrent généralement de diarrhée chronique, de constipation, de gaz excessifs, de ballonnements ou de vomissements fréquents. Les selles peuvent être de qualité inégale, tantôt molles, tantôt trop fermes. Ces signes reflètent une fonction digestive compromise et des schémas de fermentation microbienne altérés. (1,14)
Problèmes de peau
L’axe intestin-peau signifie qu’un déséquilibre intestinal se manifeste fréquemment par des signes dermatologiques. Les chiens peuvent présenter des démangeaisons excessives (prurit), des éruptions cutanées, des points chauds ou des infections récurrentes de l’oreille. La recherche démontre que la dysbiose intestinale augmente l’inflammation systémique et modifie les réponses immunitaires d’une manière qui peut se manifester au niveau de la peau. (15,16)
Changements d’appétit et de poids
La dysbiose peut être associée à une diminution ou à une augmentation de l’appétit, à une sélectivité alimentaire ou à une réticence à manger. Des fluctuations de poids, qu’il s’agisse d’une perte ou d’un gain, peuvent survenir lorsque le rôle du microbiome dans la récolte d’énergie et le métabolisme par l’intermédiaire de l’axe intestinal-métabolique est perturbé. (17) Certains chiens perdent du poids malgré un apport adéquat en raison d’une mauvaise absorption des nutriments ; d’autres peuvent prendre du poids car des populations bactériennes modifiées extraient plus d’énergie du même régime alimentaire.
Changements de comportement et d’humeur
Par l’intermédiaire de l’axe intestin-cerveau, la dysbiose peut influencer la production de neurotransmetteurs et la fonction cérébrale. Les chiens peuvent présenter une augmentation de l’anxiété, de l’agressivité, de l’irritabilité ou des changements cognitifs. Une grande partie de la sérotonine du corps est produite dans l’intestin et la dysbiose peut altérer cette production, avec des effets potentiels sur l’humeur et le comportement. (10,18)
Impacts de la dysbiose intestinale sur la santé
Lorsque la dysbiose persiste, elle peut avoir des conséquences de plus en plus importantes sur la santé.
Colite et maladies inflammatoires de l’intestin
La dysbiose contribue au développement et à la progression de la colite (inflammation du côlon) et des maladies inflammatoires de l’intestin. (1,13) Lorsque les bactéries nocives prolifèrent, elles déclenchent des réactions inflammatoires qui endommagent la muqueuse intestinale. Ces dommages perturbent encore davantage le microbiome, créant un cycle d’inflammation et de dysbiose qu’il devient de plus en plus difficile d’interrompre sans intervention.
Troubles de l’absorption des nutriments
Un microbiome équilibré joue un rôle essentiel dans la décomposition des composants alimentaires et la synthèse de certaines vitamines. La dysbiose altère ces fonctions, ce qui peut entraîner des carences nutritionnelles même lorsque les chiens consomment des aliments adéquats et équilibrés. (19) Les signes peuvent inclure un pelage en mauvais état, de la léthargie et un retard de croissance.
Fonction immunitaire affaiblie
Environ 70 % du système immunitaire réside dans l’intestin, où des bactéries bénéfiques contribuent à former et à réguler les réponses immunitaires. (20) La dysbiose perturbe cette interaction, ce qui peut compromettre la fonction immunitaire et rendre les chiens plus sensibles aux infections, aux allergies et aux troubles à médiation immunitaire.
Syndrome de l’intestin perméable
La conséquence la plus importante d’une dysbiose persistante est peut-être le développement du syndrome de l’intestin perm éable (augmentation de la perméabilité intestinale). (21) La muqueuse intestinale est maintenue par des structures protéiques appelées jonctions serrées, qui forment une barrière sélective laissant passer les nutriments tout en bloquant les substances nocives.
Lorsque la dysbiose persiste, les bactéries nuisibles produisent des composés inflammatoires, notamment des lipopolysaccharides (LPS), qui peuvent endommager ces jonctions serrées. Lorsque les jonctions s’affaiblissent, des molécules plus grosses, notamment des fragments bactériens, des particules d’aliments non digérés et des toxines peuvent passer dans la circulation sanguine. Cela entraîne une inflammation systémique et une activation immunitaire qui peuvent être ressenties dans tout le corps, ce qui explique pourquoi la dysbiose intestinale peut être associée à des affections cutanées, des problèmes articulaires et des changements de comportement qui ne semblent pas liés à l’appareil digestif. (21,22) Cette charge inflammatoire chronique peut également accélérer le vieillissement cellulaire par l’intermédiaire de l’axe intestin-longévité, réduisant ainsi l’espérance de vie en bonne santé si rien n’est fait. (23)
Impacts systémiques et sur les organes de la dysbiose
Les mécanismes à l’origine de la fuite intestinale, du déséquilibre microbien, de la perte de métabolites bénéfiques et de la rupture de la barrière permettent aux signaux inflammatoires de se propager de l’intestin vers des organes éloignés. C’est pourquoi un microbiome déséquilibré est de plus en plus considéré comme un problème qui touche l’ensemble du corps plutôt qu’un problème purement digestif. Chez Bonza, cette vision systémique est illustrée par le programme Un seul intestin. Un chien entier. et les huit axes intestin-organe. Les sections ci-dessous résument la manière dont la dysbiose atteint spécifiquement chaque système organique. Pour connaître le mécanisme complet et la stratégie nutritionnelle de chaque axe, suivez le guide en lien.
Cartographie des symptômes sur l’axe intestin-organe
La dysbiose se manifestant dans différentes parties du corps, le tableau ci-dessous établit un lien entre les signes communs, l’axe et le mécanisme sous-jacent. Il s’agit d’un guide pour savoir où chercher, et non d’un outil de diagnostic.
| Signe visible | Axe concerné | Mécanisme sous-jacent |
|---|---|---|
| Démangeaisons, éruptions cutanées, infections récurrentes de l’oreille ou de la peau | Peau de l’intestin | La perte de barrière et l’inflammation systémique modifient les réponses immunitaires cutanées. (15,22) |
| Anxiété, agression, changement cognitif | Intestin-cerveau | Altération de la signalisation de la sérotonine et des hormones de stress le long de l’axe intestin-cerveau. (10,18) |
| Raideur, réticence à se lever, ralentissement | Articulation des intestins | La translocation des endotoxines et la réduction des acides gras à chaîne courte sont à l’origine de l’inflammation des articulations. (31,33) |
| Intolérance à l’effort, progression de la maladie cardiaque | Le cœur des tripes | La dysbiose et les métabolites microbiens sont associés à la tension cardiovasculaire. (29) |
| Prise ou perte de poids inexpliquée, mauvaise condition physique | Métabolisme intestinal | Une récolte d’énergie altérée et un état inflammatoire de bas niveau. (17,30) |
| Réactions alimentaires, sensibilités, selles molles chroniques | Intestin-immunité | La rupture de la barrière augmente l’exposition aux antigènes et la réactivité immunitaire. (22,34) |
Axe intestin-cerveau : comportement, anxiété et cognition
L’intestin et le cerveau communiquent en permanence par des voies neuronales, hormonales et immunitaires. Chez les chiens, la composition du microbiome a été associée au comportement : une étude a mis en évidence des profils intestinaux distincts et une activité corticosurrénalienne modifiée chez des chiens présentant des troubles comportementaux agressifs et phobiques (10), et une autre analyse a établi une corrélation entre la composition du microbiome et l’agressivité des congénères. (18) La composition du microbiome a également été associée à l’âge et aux performances de mémoire chez les chiens de compagnie, ce qui indique un rôle dans la cognition. (12) La dysbiose peut donc contribuer à l’anxiété, à la réactivité et aux changements cognitifs, bien qu’il s’agisse d’associations et que le lien de causalité ne soit pas encore établi. Pour connaître l’ensemble du parcours et la stratégie alimentaire, consultez le guide de l’axe intestin-cerveau.
Axe intestin-peau et perméabilité intestinale
La peau est l’un des endroits où la dysbiose devient le plus souvent visible. Lorsque l’intégrité de la barrière est perdue, les médiateurs inflammatoires circulants et la signalisation immunitaire altérée peuvent entraîner des démangeaisons, des infections récurrentes et des maladies de type atopique, un lien démontré à la fois chez les chiens et chez les humains. (15,22) Le rétablissement de la fonction barrière et de l’équilibre microbien est donc une étape fondamentale dans la prise en charge des problèmes cutanés récurrents, plutôt que de traiter la peau de manière isolée. Le guide de l’axe intestin-peau couvre les mécanismes dermatologiques en profondeur.
Axe intestinal-immunitaire et allergies alimentaires
Comme environ 70 % des tissus immunitaires se trouvent dans l’intestin, le microbiome contribue à éduquer le système immunitaire pour qu’il sache quelles substances sont inoffensives. (20) Lorsque la dysbiose affaiblit la barrière, davantage d’antigènes alimentaires et de composants bactériens atteignent le système immunitaire, ce qui peut accroître la réactivité et contribuer aux sensibilités alimentaires et aux réponses allergiques. (22,34) C’est pourquoi l’intestin perméable et les allergies alimentaires sont souvent liés, et pourquoi une approche d’élimination accompagnée d’une réparation de l’intestin est souvent plus efficace qu’un changement de régime alimentaire seul. Le guide de l’axe intestin-immunité explore plus en détail la tolérance immunitaire et la dysbiose.
Axe intestinal-articulaire : mobilité et arthrite
La santé des articulations est étroitement liée à l’inflammation d’origine intestinale. Les chiens souffrant d’arthrose présentent systématiquement des profils de microbiome intestinal altérés par rapport aux chiens sains, avec une réduction des producteurs d’acides gras à chaîne courte bénéfiques et une augmentation des espèces pro-inflammatoires. (31,32,33) Les endotoxines bactériennes qui traversent une barrière compromise activent des cascades inflammatoires qui accélèrent la dégradation du cartilage, tandis que les acides gras à chaîne courte d’un microbiome sain contribuent à protéger le cartilage. Cela signifie que l’inflammation des articulations et l’arthrite peuvent provenir en partie de l’intestin. Le guide de l’axe intestin-articulation présente les mécanismes, le rôle des acides gras à chaîne courte et la stratégie nutritionnelle complète pour la mobilité.
L’axe intestin-cœur et la santé cardiovasculaire
Les preuves d’un lien entre l’intestin et le cœur chez les chiens sont de plus en plus nombreuses. Dans une étude portant sur des chiens atteints de valvulopathie mitrale myxomateuse, l’affection cardiaque canine la plus courante, l’indice de dysbiose intestinale augmentait proportionnellement à la gravité de la maladie et était lié à des modifications des métabolites microbiens, notamment des acides biliaires et du N-oxyde de triméthylamine. (29) Le mécanisme proposé est l’endotoxémie métabolique : des fragments bactériens tels que le LPS traversant une barrière affaiblie entretiennent l’inflammation de bas grade qui pèse sur le système cardiovasculaire. Les preuves directes d’un lien entre la dysbiose et l’hypertension systémique chez le chien restent limitées, de sorte que cette relation doit être considérée comme plausible d’un point de vue mécanique plutôt qu’établie. Le guide de l’axe intestin-cœur traite en détail de la nutrition cardiovasculaire.
Axe intestinal-métabolique : Poids et équilibre énergétique
Le microbiome influence l’efficacité avec laquelle l’énergie est extraite de la nourriture et la manière dont les signaux métaboliques sont régulés. Les chiens obèses présentent une composition du microbiome fécal différente de celle des chiens maigres (30), et l’obésité chez les chiens a été associée à une altération de la sérotonine et à un état inflammatoire de bas grade. (17) Le tableau est nuancé, car les résultats pour les chiens ne sont pas toujours cohérents et la dysbiose peut être une conséquence autant qu’une cause (1), mais le microbiome fait clairement partie du système métabolique plutôt que d’en être séparé. Le soutien de l’équilibre microbien est donc un élément judicieux de la gestion du poids. Le guide de l’axe intestinal-métabolique aborde plus en détail la récolte d’énergie et la santé métabolique.
Axes intestin-foie et intestin-longévité
Le foie reçoit la majeure partie de son approvisionnement en sang directement de l’intestin, de sorte que les métabolites microbiens et tous les produits bactériens qui s’échappent l’atteignent en premier, ce qui fait de l’axe intestin-foie un élément central de la désintoxication. Au fil du temps, la charge inflammatoire cumulée d’une dysbiose non traitée alimente également l’axe intestin-longévité, influençant le vieillissement du chien et la qualité de ses dernières années.
Reconnaître la dysbiose et savoir quand consulter votre vétérinaire
Les premiers signes sont souvent subtils : selles irrégulières, flatulences accrues, troubles digestifs légers, démangeaisons et débris auriculaires avant l’apparition de symptômes digestifs évidents. Comme les premiers signes sont vagues, de nombreux propriétaires ne reconnaissent pas la dysbiose avant qu’elle n’ait progressé.
Lorsque des tests sont nécessaires, les laboratoires vétérinaires peuvent quantifier le déséquilibre à l’aide d’un indice de dysbiose fécale, un outil PCR quantitatif validé qui mesure des groupes bactériens clés, notamment Faecalibacterium et Clostridium hiranonis, par rapport à une population de référence en bonne santé. Il s’agit de la même mesure que celle utilisée dans la plupart des recherches sur les chiens citées dans cet article. (29)
Consultez rapidement votre vétérinaire si votre chien fait une exposition :
- Sang dans les selles, selles noires ou goudronneuses, ou vomissements persistants.
- Diarrhée de plus de 48 heures ou diarrhée accompagnée de léthargie ou de collapsus.
- Perte de poids marquée ou rapide, ou perte d’appétit pendant plus d’un jour ou deux.
- Signes de douleur, de ballonnement abdominal ou de détresse
Cela peut indiquer des conditions qui nécessitent un diagnostic et un traitement allant au-delà du soutien nutritionnel. Les conseils donnés dans cet article ont pour but de favoriser la santé intestinale et non de remplacer les soins vétérinaires.
Comment rétablir l’équilibre intestinal (eubiose) chez les chiens atteints de dysbiose ?
Des approches fondées sur des données probantes peuvent aider à rétablir l’équilibre microbien et à soulager les symptômes. Suivez ces étapes de manière systématique pour obtenir les meilleurs résultats.
- Identifiez et éliminez les déclencheurs alimentaires.
Éliminez les ingrédients de mauvaise qualité, les additifs artificiels et les allergènes courants (de nombreuses protéines de viande et de poisson, le maïs, le soja, le blé) qui peuvent perpétuer le déséquilibre microbien. Tenez un journal alimentaire pendant 2 à 4 semaines pour suivre l’évolution des symptômes et identifier les tendances. Certains chiens réagissent à des sources de protéines spécifiques, il peut donc être nécessaire de procéder par élimination. (4,5)
- Passez à un régime alimentaire favorable à l’intestin.
Adoptez un régime complet de haute qualité contenant des fibres prébiotiques et des ingrédients fonctionnels qui nourrissent les bactéries bénéfiques. Des ingrédients tels que l’avoine, la patate douce, le potiron et le baobab fournissent des fibres variées qui favorisent différentes populations de bactéries bénéfiques. (4,24) Procédez à une transition progressive sur une période de 7 à 14 jours afin d’éviter les troubles digestifs.
- Introduisez un probiotique ayant fait l’objet de recherches cliniques.
Choisissez un probiotique spécifique à une souche dont l’intérêt pour les chiens est documenté. Bacillus velezensis (Calsporin®, anciennement Bacillus subtilis C-3102) est un probiotique sporulé qui survit de manière fiable au transit digestif et qui est utilisé pour soutenir l’équilibre microbien. (25,26,28) Tous les probiotiques ne se valent pas : recherchez des souches dont la survie dans le tube digestif a été prouvée et dont les résultats sont mesurables.
- Favorise la fonction des enzymes digestives.
Consommez des aliments riches en enzymes digestives ou des suppléments contenant de la bromélaïne (de l’ananas) et de la papaïne (de la papaye) pour améliorer la décomposition des nutriments. (27) Une meilleure digestion réduit la fermentation des matières non digérées dans le côlon, ce qui peut nourrir les bactéries dysbiotiques et produire des gaz.
- Réduire au minimum les facteurs de stress environnementaux.
Le stress chronique perturbe l’axe intestin-cerveau et peut modifier la composition microbienne. (10,11) Offrez-lui une routine, un enrichissement mental, un exercice adéquat et un environnement calme. Envisagez un soutien calmant si votre chien montre des signes d’anxiété. Des ingrédients tels que la camomille et l’ashwagandha peuvent également avoir un effet calmant.
- Dans la mesure du possible, évitez les médicaments inutiles.
Travaillez avec votre vétérinaire pour minimiser l’utilisation d’antibiotiques et d’AINS lorsque cela est cliniquement approprié, car ils peuvent exacerber la dysbiose. (7,8,9) Lorsque des antibiotiques sont nécessaires, envisagez un soutien probiotique pendant et après le traitement, administré à un moment différent de la journée.
- Surveillez les progrès et consultez votre vétérinaire.
Contrôlez la qualité des selles (utilisez un système de notation de la consistance), l’état de la peau, le niveau d’énergie et le comportement. Prévoyez un examen vétérinaire au bout de 4 à 6 semaines pour évaluer la réponse. Les chiens présentant des symptômes graves ou persistants peuvent nécessiter des examens plus approfondis, notamment un test du microbiome fécal ou une endoscopie.
- Procédez à des changements graduels et maintenez la cohérence.
Le système digestif canin s’adapte mieux aux transitions progressives. Les changements brusques peuvent provoquer des troubles digestifs et aggraver la dysbiose. Une fois que vous avez trouvé une approche qui fonctionne, maintenez-la de manière cohérente, car le microbiome a besoin de temps et de stabilité pour établir des populations saines. (28)
Questions fréquemment posées
La dysbiose intestinale peut généralement être résolue par des changements alimentaires appropriés, l’administration de probiotiques et la prise en compte des causes sous-jacentes. La plupart des chiens présentent une amélioration significative au bout de 4 à 8 semaines d’intervention cohérente. Les chiens souffrant de maladies chroniques telles que les MICI peuvent avoir besoin d’une prise en charge continue plutôt que d’une solution ponctuelle. L’objectif est de rétablir et de maintenir l’eubiose par le biais de l’alimentation et du mode de vie.
Les populations microbiennes commencent à se modifier dans les jours qui suivent le changement d’alimentation, mais une restauration significative de la diversité nécessite généralement 4 à 6 semaines d’intervention cohérente. (28) Les chiens qui se remettent d’un traitement antibiotique ou qui souffrent d’une affection sous-jacente peuvent avoir besoin de 3 à 6 mois. Le délai dépend de la gravité, de la cause et de la régularité avec laquelle le plan est suivi.
Il existe un lien reconnu entre l’intestin et le cœur chez les chiens. Dans la maladie de la valve mitrale myxomateuse, l’affection cardiaque canine la plus courante, la gravité de la dysbiose intestinale augmente au même rythme que la gravité de la maladie et est liée à l’altération des métabolites microbiens. (29) Le mécanisme probable est une inflammation chronique de faible intensité entretenue par une barrière non étanche. La santé intestinale n’est pas un traitement pour les maladies cardiaques, mais elle constitue un élément judicieux du soutien de l’ensemble du corps. Pour en savoir plus, consultez le guide de l’axe intestin-cœur.
Une perméabilité intestinale accrue permet à davantage d’antigènes alimentaires et de composants bactériens d’atteindre le système immunitaire, ce qui peut augmenter la réactivité et contribuer aux sensibilités alimentaires. (22,34) C’est pourquoi les fuites intestinales et les allergies alimentaires sont souvent liées, et pourquoi la réparation de la barrière intestinale associée à une approche d’élimination est souvent plus efficace qu’un changement de régime alimentaire seul.
Les chiens souffrant d’arthrose présentent systématiquement des microbiomes intestinaux altérés, avec moins de producteurs d’acides gras à chaîne courte bénéfiques et plus d’espèces pro-inflammatoires. (31,32,33) L’inflammation d’origine intestinale et la translocation d’endotoxines peuvent accélérer la dégradation du cartilage ; l’intestin fait donc partie du tableau articulaire. Le guide de l’axe intestin-articulation explique les mécanismes et la stratégie nutritionnelle.
Le microbiome influence la récolte d’énergie et la signalisation métabolique. Les chiens obèses présentent une composition du microbiome différente de celle des chiens maigres et un état inflammatoire de bas grade. (17,30) Les résultats sont nuancés et le lien de causalité n’est pas entièrement établi, mais le soutien de l’équilibre microbien est un élément raisonnable de la gestion du poids.
Oui, le stress chronique est un facteur important. Par l’intermédiaire de l’axe intestin-cerveau, les hormones de stress modifient la motilité intestinale, réduisent le flux sanguin vers l’intestin et modifient l’environnement chimique de manière à favoriser les bactéries dysbiotiques. (10,11) La gestion du stress est un élément important de la prévention et de la guérison.
Il est généralement conseillé d’administrer des probiotiques pendant et après un traitement antibiotique, à un moment de la journée différent de celui de l’antibiotique (au moins 2 à 3 heures d’intervalle). La recherche soutient cette approche pour aider à restaurer les populations perturbées. (7,8) Continuez pendant au moins 2 à 4 semaines après la fin du cours.
Les premiers signes comprennent souvent des selles de qualité inégale, une augmentation des flatulences, des troubles digestifs légers et un changement subtil de l’appétit. Certains chiens présentent des démangeaisons accrues ou des débris dans les oreilles avant l’apparition de symptômes digestifs évidents. Des changements au niveau de l’énergie, de la qualité du pelage ou du comportement peuvent également signaler l’apparition d’une dysbiose.
Une dysbiose non traitée peut évoluer vers des maladies chroniques telles que les maladies inflammatoires de l’ intestin, les fuites intestinales, les dysfonctionnements immunitaires et les changements de comportement, et elle interagit avec la santé de la peau, des articulations, du cœur et du métabolisme. (1,21) Une intervention précoce permet généralement d’éviter les complications, d’où l’intérêt d’une prise en charge rapide des symptômes.
Soutenir la santé intestinale par une nutrition ciblée
Tout dans ce guide mène à la même conclusion : l’intestin n’est pas un organe parmi d’autres, c’est le système qui façonne les autres. C’est sur ce principe que repose Bonza. Notre Un seul intestin. Un chien entier. philosophie considère le microbiome intestinal comme le point de départ de la santé du corps entier, avec des aliments et des compléments alimentaires conçus pour agir sur les huit axes de l’intestin plutôt que sur des symptômes isolés. Le soutien de l’intestin n’est pas une caractéristique de la gamme, c’est le cahier des charges qui la sous-tend.
Les aliments pour chiens Bonza à base de plantes sont spécialement formulés pour favoriser la santé intestinale et lutter contre la dysbiose. En tant qu’aliment hypoallergénique naturel pour chiens, exempt d’allergènes végétaux courants tels que le maïs, le soja, le blé et le riz, il élimine la plupart des déclencheurs alimentaires qui perpétuent le déséquilibre microbien.
Au centre de la formulation se trouve la Triade Biotics, une approche combinée prébiotique, probiotique et postbiotique de l’équilibre microbien. Chaque recette comprend Calsporin®, un probiotique sporulant ayant fait l’objet de recherches cliniques, Bacillus velezensis DSM 15544 (anciennement Bacillus subtilis C-3102), utilisé pour favoriser la santé digestive et l’équilibre microbien. (25,26,28)
La formulation fournit également diverses fibres prébiotiques provenant du baobab, de l’extrait de yucca, de l’avoine, de la patate douce, du quinoa, des carottes et de la citrouille qui nourrissent les populations bactériennes bénéfiques. Les enzymes digestives de l’ananas (broméline) et de la papaye (papaïne) favorisent la dégradation des nutriments, tandis que la camomille apaise en douceur l’axe intestin-cerveau.
Cette combinaison d’ingrédients fonctionnels fait de Bonza un aliment pour chiens naturellement anti-inflammatoire qui s’attaque aux causes profondes de la dysbiose plutôt que de masquer les symptômes. Lorsqu’un chien a besoin d’un soutien plus ciblé pour un axe particulier, la gamme Bioactive Bites est construite sur la même base de priorité à l’intestin, de sorte que l’aliment quotidien et tout supplément fonctionnent ensemble plutôt qu’isolément.
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Conclusion
La dysbiose intestinale se limite rarement à l’intestin. Comme l’a montré ce guide, un microbiome déséquilibré peut influencer la résistance immunitaire, l’état de la peau, le comportement, le confort articulaire, la santé cardiovasculaire et métabolique, et même le rythme du vieillissement, en se manifestant souvent par des problèmes qui ne semblent pas liés à la digestion. La reconnaissance de ce lien modifie la manière d’aborder ces problèmes, car les interventions les plus efficaces portent sur l’environnement microbien lui-même plutôt que sur chaque symptôme pris isolément.
Ce qui est encourageant, c’est la réactivité de l’intestin canin. En supprimant les déclencheurs alimentaires, en rétablissant la diversité des prébiotiques, en administrant un probiotique ayant fait l’objet de recherches cliniques et en gérant bien le stress, la plupart des chiens montrent une amélioration significative au bout de quelques semaines. Les cas persistants ou graves justifient un examen vétérinaire, mais pour la majorité d’entre eux, une alimentation cohérente centrée sur l’intestin est la base sur laquelle la santé de l’ensemble du corps est reconstruite. Cette idée, selon laquelle ce qui se passe dans l’intestin ne reste pas dans l’intestin, est à la base de tout ce que nous faisons.
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Informations éditoriales
| Champ d’application | Détail |
|---|---|
| Publié | 12 juillet 2023 |
| Dernière mise à jour | Juin 2026 |
| Examiné par | Glendon Lloyd, Dip. Nutrition canine (distinction), Dip. Nutrigénomique du chien (Distinction) |
| Prochaine révision | juin 2027 |
| Auteur | Glendon Lloyd |
| Clause de non-responsabilité | Cet article est publié à des fins éducatives uniquement et ne constitue pas un avis vétérinaire. Consultez toujours un vétérinaire qualifié avant de modifier le régime alimentaire ou les soins de santé de votre chien, en particulier s’il souffre de problèmes de santé ou s’il prend des médicaments. |