
Résumé
Les signes d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens vont des symptômes digestifs évidents – selles molles, excès de gaz et vomissements – aux effets systémiques tels qu’un pelage terne, des problèmes cutanés persistants, une baisse d’énergie et des changements de comportement. Ces signes reflètent une perturbation du microbiome intestinal, une communauté de billions de micro-organismes qui régissent la digestion, l’immunité, la santé de la peau, les fonctions cérébrales et la santé cardiovasculaire par le biais d’axes biologiques interconnectés. La dysbiose intestinale – l’état de déséquilibre microbien – est la cause fondamentale commune, déclenchée par une mauvaise alimentation, l’utilisation d’antibiotiques, le stress chronique, les sensibilités alimentaires et l’âge. Ce guide identifie les signes les plus cliniquement pertinents d’une mauvaise santé intestinale chez le chien, explique les mécanismes qui les sous-tendent et décrit les étapes fondées sur des preuves pour rétablir l’équilibre du microbiome grâce à la diversité des fibres alimentaires, à une supplémentation ciblée et à la gestion du stress. Les signaux d’alerte vétérinaires nécessitant une évaluation rapide sont également abordés.
L’intestin est souvent décrit comme le deuxième cerveau du corps. Chez les chiens, il pourrait bien être le premier. Environ 70 % du système immunitaire canin réside dans le tractus gastro-intestinal, ce qui place la santé intestinale au cœur de la digestion, de l’immunité, de l’état de la peau, du bien-être mental et du vieillissement en bonne santé. Lorsque le microbiome intestinal est déséquilibré – un état connu sous le nom de dysbiose – les effets s’étendent à l’ensemble de l’organisme, souvent d’une manière qu’il est facile de manquer ou d’attribuer à tort à d’autres causes.
Ce guide présente les signes les plus courants d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens, explique ce qui se cache derrière ces signes et propose des mesures pratiques pour aider votre chien à se rétablir.
Pour un guide complet sur ce qu’est le microbiome intestinal, pourquoi il est important et comment le soutenir activement par le biais de l’alimentation et de la nutrition, consultez : La santé intestinale du chien : Leur atout santé le plus important
Principaux enseignements
- Les signes précurseurs les plus évidents d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens sont les changements dans la consistance, la fréquence et l’aspect des selles.
- Les signes systémiques – notamment un pelage terne, des démangeaisons, une baisse d’énergie et une variation de poids inexpliquée – sont tout aussi importants et souvent négligés.
- La dysbiose intestinale (microbiome perturbé) est à l’origine de nombreux problèmes de santé digestifs et non digestifs récurrents chez les chiens.1
- L’intestin est relié à tous les organes principaux par des voies biologiques, notamment les axes intestin-cerveau, intestin-peau, intestin-cœur et intestin-immunité.
- L’alimentation est le levier le plus puissant pour restaurer la santé intestinale, soutenue par l’utilisation ciblée de fibres prébiotiques et de cultures bactériennes vivantes.
Dans ce guide :
- Quels sont les signes d’une mauvaise santé intestinale chez le chien ?
- À quoi ressemble un intestin sain chez le chien ?
- Quelles sont les causes d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens ?
- Comment le microbiome intestinal affecte la santé du corps entier
- Comment améliorer la santé intestinale de votre chien ?
- Quand contacter votre vétérinaire
- Questions fréquemment posées
Quels sont les signes d’une mauvaise santé intestinale chez le chien ?
Les signes d’une mauvaise santé intestinale chez le chien se répartissent en deux groupes principaux : les signes digestifs qui affectent directement le tractus gastro-intestinal et les signes systémiques qui se manifestent dans tout le corps lorsque l’influence de l’intestin sur d’autres systèmes organiques est perturbée.
Les signes les plus courants d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens sont les suivants :
- Selles molles ou diarrhée chronique – selles molles, aqueuses ou non formées qui se répètent pendant des jours ou des semaines.
- Constipation ou selles peu fréquentes – effort, boulettes dures, ou plus de 48 heures sans aller à la selle.
- Flatulences excessives – gaz persistants ou malodorants au-delà de ce qui est occasionnel et normal.
- Ballonnement ou distension abdominale – ventre visiblement gonflé, en particulier après les repas.
- Vomissements ou régurgitations – remontée d’aliments ou de bile, en particulier lorsqu’ils surviennent plus d’une fois par semaine.
- Mucus ou sang dans les selles – couche sur les selles ou sang rouge visible ; un signe qui nécessite l’intervention rapide d’un vétérinaire.
- Perte de poids inexpliquée – perte d’état corporel malgré une alimentation normale, ce qui peut suggérer une malabsorption.
- Augmentation de l’appétit sans prise de poids – l’intestin peut ne pas absorber les nutriments de manière adéquate.
- Faible énergie et léthargie – un chien moins enthousiaste, plus lent lors des promenades ou qui dort plus que d’habitude.
- Poil terne, sec ou écaillé – une mauvaise absorption des acides gras essentiels et des vitamines liposolubles affecte directement la qualité du pelage.
- Problèmes de peau – démangeaisons, rougeurs, points chauds ou infections cutanées récurrentes ; l’axe intestin-peau établit un lien entre le déséquilibre du microbiome et la dermatite atopique.
- Manger de l’herbe ou avoir des envies alimentaires inhabituelles – c’est souvent le signe que le chien essaie d’auto-médicamenter son inconfort digestif.
Signes digestifs : Ce que l’intestin vous dit directement
La qualité des selles est l’indicateur le plus immédiat du fonctionnement de l’intestin. Des selles saines sont fermes, bien formées et produites une ou deux fois par jour à un moment prévisible. Des selles molles, des diarrhées ou des selles avec du mucus visible indiquent que la paroi intestinale est enflammée ou que le temps de transit s’est accéléré, empêchant une absorption correcte. Les recherches menées par Suchodolski et ses collègues (2012) ont mis en évidence des réductions significatives des bactéries bénéfiques – notamment des producteurs d’acides gras à chaîne courte (AGCC) tels que Faecalibacterium spp – chez les chiens souffrant de diarrhée aiguë, ce qui confirme que la qualité des selles reflète une véritable perturbation du microbiome plutôt qu’un simple déséquilibre alimentaire.2
Des gaz excessifs sont produits lorsque des glucides non digérés atteignent le gros intestin et sont fermentés par des bactéries. Des flatulences occasionnelles sont normales ; des gaz persistants ou malodorants indiquent une mauvaise digestion dans l’intestin grêle ou un équilibre microbien perturbé plus loin dans le tractus.
Les vomissements qui surviennent plus d’une ou deux fois par semaine ou qui contiennent de la bile jaune (indiquant un estomac vide) justifient une investigation plutôt qu’une prise en charge par une alimentation fade.
Signes systémiques : Quand l’influence de l’intestin s’étend à l’extérieur
L’intestin n’est pas un organe isolé. Par le biais d’un ensemble d’axes biologiques, le microbiome intestinal communique directement avec la peau, le cerveau, le cœur, le système immunitaire et le foie. Lorsqu’une dysbiose se développe, ces effets en aval deviennent visibles dans tout le corps.1
L’état du pelage est l’un des indicateurs systémiques les plus fiables. L’intestin est responsable de l’absorption des acides gras oméga-3, du zinc et des vitamines liposolubles, tous essentiels à la santé du pelage et de la peau. Un chien dont le pelage reste terne, sec ou cassant malgré une alimentation adéquate peut présenter un problème d’absorption intestinale plutôt qu’une carence alimentaire.
Les symptômes cutanés sont étroitement liés à la santé intestinale par l’intermédiaire de l’axe intestin-peau. Des études ont démontré que la dermatite atopique chez le chien est associée à une réduction de la diversité bactérienne dans le microbiome intestinal, les mêmes schémas de dysbiose qui apparaissent dans les maladies gastro-intestinales se retrouvant également chez les chiens souffrant d’affections cutanéeschroniques4.
Les changements comportementaux tels que la léthargie, l’anxiété et les comportements inhabituels de recherche de nourriture sont liés à l’axe intestin-cerveau, un réseau de signalisation bidirectionnel entre les bactéries intestinales et le système nerveux central. Un chien qui semble calme, anxieux ou qui se désintéresse soudainement des promenades et des jeux peut subir des modifications de la production de neurotransmetteurs et de métabolites provoquées par l’intestin.
À quoi ressemble un intestin sain chez le chien ?
Il est plus facile de reconnaître les signes d’une mauvaise santé intestinale lorsque l’on sait à quoi ressemble une bonne santé. Un chien dont l’intestin fonctionne bien présente généralement les signes suivants
- Selles fermes et bien formées – produites une ou deux fois par jour, de forme et de couleur constantes, sans effort.
- Gaz minimes – des flatulences occasionnelles sont normales ; elles ne doivent pas être constantes ou particulièrement gênantes.
- Poids corporel stable et tonus musculaire sain – ni perte ni gain de poids inattendus
- Un pelage brillant et bien conditionné – reflétant une bonne absorption des graisses et des nutriments liposolubles
- Une peau nette et sans démangeaisons – pas de grattage persistant, de rougeurs ou de points chauds récurrents.
- Bon niveau d’énergie – adapté à l’âge et à la race du chien, avec un enthousiasme constant pour la nourriture et l’exercice.
- Un appétit stable – manger correctement sans urgence, sans manger de l’herbe ou sans faire des recherches excessives.
Ces marqueurs ne sont pas absolus – les chiens âgés produisent naturellement des selles plus petites, certaines races sont sujettes à une digestion délicate et il existe des variations individuelles. Ce qui compte, c’est la constance. Un changement par rapport à la ligne de base normale de votre chien, maintenu pendant plusieurs jours, est un signal plus utile qu’une seule observation.
Quelles sont les causes d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens ?
La mauvaise santé intestinale des chiens est presque toujours due à une perturbation du microbiome intestinal, cette communauté dense de bactéries, de champignons et d’autres micro-organismes qui tapissent le tractus gastro-intestinal. Suchodolski (2022) définit la dysbiose comme une modification de la diversité et de la structure du microbiome, ainsi que des changements fonctionnels tels qu’une altération de la production de métabolites bactériens, plutôt qu’une simple perte de bactéries bénéfiques.1
Les causes les plus courantes de dysbiose intestinale chez les chiens sont les suivantes :
Qualité et composition de l’alimentation
Les aliments commerciaux hautement transformés, pauvres en fibres alimentaires et riches en glucides rapidement fermentables, peuvent modifier les populations microbiennes de manière à favoriser les espèces pathogènes au détriment des espèces bénéfiques. Les changements brusques de régime alimentaire sont tout aussi perturbateurs : le microbiome intestinal a besoin de temps pour s’adapter à de nouvelles sources alimentaires, et un changement soudain peut provoquer des diarrhées, des gaz et des vomissements, même si le nouvel aliment est supérieur sur le plan nutritionnel.
Utilisation d’antibiotiques
Les antibiotiques comptent parmi les perturbateurs les plus puissants du microbiome intestinal. Les antibiotiques à large spectre entraînent une baisse rapide et significative de la diversité microbienne, éliminant souvent les espèces bénéfiques en même temps que les espèces pathogènes. L’indice de dysbiose – un outil de diagnostic validé utilisé pour mesurer l’équilibre du microbiome chez les chiens – augmente généralement fortement après un traitement antibiotique et peut rester élevé pendant des semaines ou des mois.1
Stress chronique
L’axe intestin-cerveau est un système de communication à double sens. Le stress chronique, qu’il provienne d’un changement d’environnement, d’une angoisse de séparation ou d’une peur persistante, altère la motilité intestinale, augmente la perméabilité de l’intestin et réduit les populations de bactéries bénéfiques. Les chiens qui subissent des changements importants dans leur vie, tels qu’une nouvelle adoption, un deuil ou une modification de la routine familiale, développent souvent des symptômes intestinaux pendant ou après ces périodes.
Sensibilités et intolérances alimentaires
L’inflammation persistante de faible intensité causée par les sensibilités alimentaires – souvent à des sources de protéines courantes telles que le poulet ou le bœuf, ou à des composants glucidiques spécifiques – maintient la muqueuse intestinale dans un état d’irritation chronique. Au fil du temps, cela endommage l’épithélium intestinal, réduit la diversité microbienne et entrave l’absorption des nutriments.
Parasites et infections
Les parasites intestinaux, notamment l’ascaris, l’ankylostome et le Giardia, provoquent des lésions mécaniques et inflammatoires directes de la muqueuse intestinale. Les infections bactériennes – y compris la prolifération de Clostridium perfringens – sont fréquemment identifiées chez les chiens souffrant de diarrhée hémorragique aiguë et représentent un état dysbiotique grave nécessitant une prise en charge vétérinaire.2
Âge et médicaments concomitants
Les chiens âgés subissent une réduction naturelle de la diversité microbienne. Certains médicaments, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les corticostéroïdes, peuvent endommager la muqueuse intestinale et modifier la composition du microbiome, indépendamment de toute maladie sous-jacente pour laquelle ils sont prescrits.
Comment le microbiome intestinal affecte la santé du corps entier
Le microbiome intestinal n’est pas simplement un organe digestif, c’est un système métabolique et immunologique qui atteint toutes les parties du corps. Pilla et Suchodolski (2020) décrivent le microbiome intestinal canin comme produisant des métabolites clés – notamment des acides gras à chaîne courte, des acides biliaires et des précurseurs de neurotransmetteurs – qui régulent la fonction immunitaire, l’inflammation systémique et la santé des organes bien au-delà du tractusgastro-intestinal3.
L’axe intestinal-immunitaire
Environ 70 % du système immunitaire du chien se trouve dans le tissu lymphoïde associé à l’intestin (GALT). Un microbiome sain et diversifié apprend aux cellules immunitaires à faire la distinction entre les agents pathogènes dangereux et les antigènes environnementaux inoffensifs. Lorsque la dysbiose perturbe ce processus, les chiens deviennent plus sensibles aux infections, aux réactions allergiques et aux réponses auto-immunes. Pour en savoir plus, consultez le guide Bonza sur l ‘axe intestin-immunité chez le chien.
L’axe intestin-peau
La dysbiose intestinale provoque une inflammation systémique de faible intensité et augmente la perméabilité intestinale – parfois décrite comme un « intestin qui fuit » – permettant aux métabolites bactériens et aux particules alimentaires non digérées de pénétrer dans la circulation sanguine. Ceux-ci déclenchent des réponses immunitaires qui se manifestent sur la peau par des démangeaisons, des rougeurs et des infections récurrentes. Ce lien est décrit plus en détail dans l’article de Bonza sur l’axe intestin-peau chez le chien.
L’axe intestin-cerveau
L’intestin produit plus de 90 % de la sérotonine du corps, ainsi que d’autres précurseurs de neurotransmetteurs qui influencent l’humeur, l’anxiété et le comportement. Un microbiome perturbé altère cette production, ce qui explique pourquoi les chiens souffrant de dysbiose intestinale présentent souvent des signes d’anxiété, de peur ou d’engagement cognitif réduit. Cet axe bidirectionnel est étudié en profondeur dans le guide de Bonza sur l ‘axe intestin-cerveau chez le chien.
L’axe intestin-cœur
Les bactéries intestinales métabolisent les composés alimentaires en substances telles que le N-oxyde de triméthylamine (TMAO), qui est associé aux maladies cardiovasculaires. Li et ses collègues (2021) ont démontré que les chiens atteints d’une maladie myxomateuse de la valve mitrale – l’affection cardiaque la plus courante chez les chiens – présentent une dysbiose intestinale significative même à des stades précliniques, ce qui suggère que la relation entre l’intestin et le cœur commence bien avant l’apparition des symptômes cliniques.5
Chacun de ces liens renforce la philosophie fondamentale de Bonza : un intestin, un chien entier. Le microbiome intestinal n’est pas un facteur parmi d’autres – c’est le fondement de la santé globale. Pour en savoir plus, consultez le guide de Bonza sur le microbiome intestinal du chien.
Comment améliorer la santé intestinale de votre chien ?
L’amélioration de la santé intestinale passe rarement par une intervention unique – il faut s’attaquer à la cause profonde de la dysbiose tout en fournissant au microbiome l’environnement nutritionnel dont il a besoin pour se rétablir. Les étapes suivantes sont fondées sur des données probantes et peuvent être mises en œuvre parallèlement aux conseils vétérinaires.
- Changez progressivement d’alimentation
Laissez 10 à 14 jours pour la transition entre les aliments, en réduisant l’ancien aliment d’environ 10 à 15 % tous les 2 à 3 jours.
Un changement brutal de régime alimentaire est l’un des déclencheurs les plus courants de perturbation aiguë de l’intestin. Une transition lente donne au microbiome le temps d’adapter sa production d’enzymes et ses populations microbiennes aux nouveaux substrats alimentaires. - Donner la priorité à la diversité des fibres alimentaires
Privilégiez une alimentation comprenant plusieurs sources de fibres prébiotiques – telles que la racine de chicorée, les fibres de pomme de terre et le fenouil – plutôt qu’un seul type de fibres.
Les différentes sources de fibres nourrissent de manière sélective différentes populations de bactéries bénéfiques. L’inuline de la racine de chicorée, par exemple, favorise les populations de Bifidobacterium et de Lactobacillus – des producteurs clés d’acides gras à chaîne courte. Une plus grande diversité de fibres alimentaires nourrit une plus grande diversité de bactéries bénéfiques, ce qui est systématiquement associé à une meilleure santé intestinale.⁶ - Ajouter des prébiotiques, des probiotiques et des postbiotiques
Introduisez un complément prébiotique avec un probiotique contenant des souches bien étudiées et un postbiotique pour fournir des métabolites microbiens immédiats ; une approche synbiotique combinée apporte plus de bénéfices que n’importe quel composant seul.
Les prébiotiques sont la source de nourriture dont dépendent les probiotiques et les bactéries indigènes de l’intestin. Les postbiotiques – les composés bioactifs produits lorsque les bactéries bénéfiques fermentent les fibres prébiotiques – fournissent un soutien anti-inflammatoire direct et un soutien à la muqueuse intestinale indépendamment de la colonisation bactérienne vivante. Ensemble, ils créent l’effet synbiotique décrit en détail dans le guide des prébiotiques pour chiens et le guide des probiotiques pour chiens de Bonza. - Réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques
Discutez toujours avec votre vétérinaire pour savoir si les antibiotiques sont strictement nécessaires ; demandez un traitement ciblé plutôt qu’un traitement à large spectre lorsque c’est possible.
Étant donné l’impact significatif et durable des antibiotiques sur la diversité du microbiome, ils ne devraient être utilisés que lorsqu’ils sont cliniquement indiqués et au spectre le plus bas possible. Si des antibiotiques sont prescrits, une supplémentation en probiotiques concomitante et après le traitement peut contribuer à atténuer certaines perturbations du microbiome.1 - Gérer le stress de manière proactive
Identifiez et réduisez les déclencheurs de stress chronique ; envisagez des adaptogènes et une gestion de routine pour les chiens sujets à des symptômes intestinaux liés à l’anxiété.
L’axe intestin-cerveau étant bidirectionnel, la gestion du stress psychologique a un impact direct et mesurable sur la santé de l’intestin. Les chiens souffrant d’anxiété de séparation, de peur des bruits forts ou d’instabilité environnementale importante bénéficient d’une routine structurée, d’un enrichissement et, le cas échéant, d’un soutien nutritionnel pour la réponse au stress. - Choisissez des aliments peu transformés
Optez pour des aliments extrudés à froid, transformés avec ménagement ou crus, qui préservent l’intégrité de la structure des fibres et des micronutriments sensibles à la chaleur.
La transformation à haute température décompose la complexité structurelle des fibres alimentaires, réduisant ainsi leur activité prébiotique. Les aliments extrudés à froid et peu transformés préservent mieux la matrice de fibres qui soutient la diversité microbienne dans l’intestin.
Quand contacter votre vétérinaire
La plupart des troubles intestinaux bénins disparaissent avec un ajustement du régime alimentaire dans les 48 à 72 heures. Toutefois, les signes suivants nécessitent l’intervention rapide d’un vétérinaire plutôt qu’une prise en charge à domicile :
- Sang dans les selles – qu’il soit rouge vif ou foncé et goudronneux, il doit être examiné le jour même.
- Vomissements persistants – plus de deux fois par période de 24 heures, ou accompagnés de léthargie et de perte d’appétit.
- Perte de poids importante ou rapide – en particulier si l’appétit semble normal ; cela peut indiquer une malabsorption ou une affection plus grave.
- Douleur ou distension abdominale – ventre dur et visiblement gonflé, ou signes de douleur au toucher de l’abdomen.
- Symptômes durant plus de 48-72 heures chez un chien adulte sans amélioration ; plus tôt chez un chiot, un chien âgé ou un animal immunodéprimé.
- Présence de vers ou de corps étrangers dans les vomissements ou les selles
Un outil de diagnostic validé, l’indice de dysbiose (ID), est désormais disponible dans les laboratoires vétérinaires. Il mesure l’équilibre de sept taxons bactériens clés dans un échantillon de matières fécales, ce qui constitue une mesure objective de la santé du microbiome intestinal. Demandez à votre vétérinaire si ce test est approprié pour votre chien si des symptômes intestinaux chroniques persistent malgré une intervention diététique.1
Questions fréquemment posées
Recherchez des changements par rapport à la situation normale de votre chien : la qualité et la fréquence des selles, l’état du pelage, le niveau d’énergie et la santé de la peau sont les indicateurs les plus fiables. Des changements persistants dans au moins deux de ces domaines simultanément suggèrent une atteinte de l’intestin plutôt qu’un symptôme isolé.
Oui. L’axe intestin-cerveau signifie que le stress psychologique chronique altère directement la motilité intestinale, réduit les populations de bactéries bénéfiques et augmente la perméabilité intestinale. Les chiens qui ont des selles molles lors d’un feu d’artifice, d’un voyage ou d’un retour à la maison ont une véritable réponse physiologique au stress, et pas seulement une réponse comportementale.
Les délais de guérison varient en fonction de la cause et de la durée de la dysbiose. Les perturbations aiguës – telles qu’une réaction à un changement de régime alimentaire ou à un traitement antibiotique de courte durée – peuvent se résorber en 2 à 4 semaines avec un soutien alimentaire approprié. Les affections chroniques telles que les maladies inflammatoires de l’intestin ou lesdysbioses à long termeliées aux antibiotiques peuvent nécessiter plusieurs mois de prise en charge nutritionnelle cohérente avant qu’une amélioration significative ne soit mesurable.
L’alimentation est l’outil le plus puissant disponible et la première ligne d’intervention recommandée dans les lignes directrices cliniques. Pour de nombreux chiens présentant une dysbiose intestinale sans cause infectieuse ou structurelle, une amélioration de l’alimentation, associée à un soutien en prébiotiques, probiotiques et postbiotiques, est suffisante pour une guérison complète. En présence d’une maladie sous-jacente, le régime alimentaire soutient le traitement vétérinaire mais ne le remplace pas.
Oui. Les bergers allemands, les setters irlandais, les Yorkshire Terriers et les Boxers font partie des races identifiées dans la littérature vétérinaire comme ayant une susceptibilité accrue aux entéropathies chroniques, y compris les maladies inflammatoires de l’intestin. La recherche sur le microbiome spécifique à une race est un domaine émergent, et certains schémas de dysbiose spécifiques à une race ont déjà été caractérisés chez les Yorkshire Terriers.
Conclusion
Les signes d’une mauvaise santé intestinale chez les chiens sont rarement bruyants. Un pelage subtilement terne, un chien qui se fatigue plus facilement qu’avant, des selles systématiquement molles mais pas alarmantes : tels sont les signaux que la plupart des propriétaires négligent ou attribuent à d’autres causes. Pourtant, chacun d’entre eux est directement lié à un microbiome intestinal en difficulté.
Ce guide montre clairement que l’intestin n’est pas un facteur parmi d’autres de la santé de votre chien – c’est le système fondamental dont tout le reste découle. L’immunité, le comportement, la santé de la peau, la fonction cardiovasculaire et le vieillissement en bonne santé sont tous en aval de ce qui se passe dans le tractus gastro-intestinal, ce qui explique pourquoi les signes de perturbation sont si variés et pourquoi ils sont si facilement mal interprétés.
Il est encourageant de constater que le microbiome intestinal est également l’un des systèmes les plus réactifs de l’organisme. L’alimentation est le levier le plus puissant disponible et, pour la plupart des chiens sans cause structurelle ou infectieuse sous-jacente, une amélioration nutritionnelle cohérente produit des changements mesurables. La diversité des fibres alimentaires, l’apport ciblé de probiotiques et de prébiotiques et la réduction des perturbateurs inutiles de l’intestin (aliments transformés, antibiotiques à large spectre, stress chronique) donnent au microbiome ce dont il a besoin pour rétablir l’équilibre.
Si votre chien présente plusieurs des signes décrits dans ce guide, en particulier sur plusieurs systèmes corporels à la fois, la réponse se trouve rarement dans le traitement des symptômes individuels. Tout commence dans l’intestin.
Références
1. Suchodolski JS. Analyse du microbiome intestinal chez les chiens et les chats. Vet Clin Pathol. 2022;50(Suppl 1):6-17. doi : 10.1111/vcp.13031. PMID : 34514619.
2. Suchodolski JS, Markel ME, Garcia-Mazcorro JF, et al. Le microbiome fécal chez les chiens atteints de diarrhée aiguë et de maladie inflammatoire idiopathique de l’intestin. PLoS One. 2012;7(12):e51907. doi: 10.1371/journal.pone.0051907. PMID : 23300577.
3. Pilla R, Suchodolski JS. Le rôle du microbiome intestinal et du métabolome canins dans la santé et les maladies gastro-intestinales. Front Vet Sci. 2020;6:498. doi : 10.3389/fvets.2019.00498. PMID : 32010704. PMC : PMC6971114.
4. Barko PC, McMichael MA, Swanson KS, Williams DA. The gastrointestinal microbiome : a review. J Vet Intern Med. 2018;32(1):9-25. doi : 10.1111/jvim.14875. PMID : 29171095.
5. Li Q, Larouche-Lebel E, Loughran KA, et al. Dysbiose intestinale et ses associations avec les métabolites dérivés du microbiote intestinal chez les chiens atteints de maladie valvulaire mitrale myxomateuse. mSystems. 2021;6(2):e00111-21. doi: 10.1128/mSystems.00111-21. PMC : PMC8546968.
6. Suchodolski JS. Microbiote intestinal des chiens et des chats : un monde plus vaste qu’on ne le pensait. Vet Clin North Am Small Anim Pract. 2011;41(2):261-72. doi: 10.1016/j.cvsm.2010.12.006. PMID : 21486635.
Informations éditoriales
| Champ d’application | Détail |
| Publié | mars 2026 |
| Dernière mise à jour | mars 2026 |
| Examiné par | Glendon Lloyd, Dip. Nutrition canine (distinction), Dip. Nutrigénomique canine (Distinction) |
| Prochaine révision | mars 2027 |
| Auteur | Glendon Lloyd |
| Clause de non-responsabilité | Cet article est publié à titre d’information uniquement et ne constitue pas un avis vétérinaire. Consultez toujours un vétérinaire qualifié avant de modifier l’alimentation de votre chien ou son régime de compléments alimentaires. |